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Où sont les poissons? Let’s track them!

 

 

Dans le cadre de mon projet de doctorat, j’étudie le mouvement des achigans à petite bouche de la rivière Kiamika. Pour ce faire, j’ai implanté des émetteurs sur plusieurs poissons plus tôt dans l’été et depuis, on essaie de les retrouver par radio-télémétrie. Grosso-modo, ça implique de se promener en canot avec une antenne et un récepteur radio ajusté à la bonne fréquence. Quand on perçoit un émetteur, on le « suit » jusqu’à l’endroit où on le reçoit à un signal maximal. On note le GPS et d’autres caractéristiques environnementales et on passe à un autre poisson.

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Part of my PhD project is studying smallmouth bass movements in Kiamika river. To do so, I track fish implanted with tags using radio-telemetry. In short, we canoe the river with a big antenna and a receiver. When we get signal from a tag, we follow it until the signal is maximal. We then note GPS coordinates of the location along with other environmental variables and move on to the next fish.

 

 

Des photos d’animaux!!!

Chose promise, chose due. Je mets enfin en ligne mes photos de safari. Vous allez voir qu’il y a beaucoup de girafes, mais elles sont belles les girafes. Je n’ai vu aucun gros félin… Ça veut dire que je suis obligée de faire un autre safari un jour.

Vin d’ananas

Les dernières semaines ont été intenses. Travail, travail, travail. J’investis la majorité de mon temps à terminer ma collecte de données. Je termine aujourd’hui, la veille de mon départ! Ce n’était pas mon plan initial, mais faire de la recherche sur le terrain comporte son lot de surprises… Alors plutôt que d’aller faire une randonnée de quelques jours dans le sud-ouest du pays comme j’avais prévu, j’ai plutôt fait des activités pas trop longues et pas trop loin avec les assistants de terrain. Et c’est bien comme ça. Étant ici depuis quelques mois, j’ai davantage envie de vivre des expériences plus ougandaises que touristiques. En voici une.

Le vin d’ananas est une spécialité locale. On n’en parle pas dans mon guide touristique mais les Ougandais en consomment beaucoup (du moins dans la région où je me trouve). C’est beaucoup moins cher que d’acheter des bières ou du waraji (un gin à base de millet). Et le meilleur vin d’ananas de la région est préparé par une vieille dame de Luvule. Je suis allée la visiter avec Hillary et les gars.

Cette vieille dame, Naliciba, ne s’est jamais mariée et n’a pas d’enfants. Puisqu’elle prépare si bien le vin d’ananas et qu’elle est accueillante, elle s’est créée un autre genre de famille. Il y a toujours plein de gens (majoritairement des hommes) qui viennent prendre un verre (ou plusieurs) chez elle. Et ces hommes l’ont en quelque sorte prise en charge. Elle ne manque de rien. À l’occasion, l’un réparera un banc brisé, un autre entretiendra son terrain, d’autres lui apporteront une pièce de viande ou d’autres provisions. Quand on l’a visitée, on a acheté des côtes de porc qu’on a fait cuire sur feu de bois. C’était délicieux. Et le vin l’était aussi.

Équipe poissons! Mutebe, Sseguya, ma face rouge (coup de soleil ou trop de vin, on sait pas trop) et Kiberu

Équipe poissons! Mutebe, Sseguya, ma face rouge (coup de soleil ou trop de vin, on sait pas trop) et Kiberu

On a passé au moins 5 heures là-bas à pratiquer notre Luganda, jaser, rire, boire et manger. J’ai aussi fait pleurer un petit garçon, bien malgré moi… J’étais la première blanche qu’il voyait de sa vie. (Ça change de mes expériences précédentes avec les enfants ici! Je comparerais ça un peu au Père Noël ou à des clowns : la première rencontre fait peur, ensuite on est intrigué par leur différence, et ensuite on les aime bien.)

Avant de quitter, la vieille dame nous a offert un ananas pour nous remercier. C’est un très beau cadeau considérant qu’un ananas coûte aussi cher qu’un litre de son vin.

5 litres de vin d’ananas : 5000 shillings ougandais (environ 2$)
1 ananas acheté à Luvule par un Ougandais : 1000 shillings
1 ananas acheté à Masaka par une blanche et une asiatique : 2000 shillings

On s’est fait avoir.
J’ai beau vouloir vivre en Ougandaise, je ne peux pas changer la couleur de ma peau. Muzungu jusqu’au bout!

Observer les singes

Je ne crois pas que j’aimerais faire des études comportementales sur les primates, mais c’est quand même le fun des fois de s’arrêter 5 minutes dans ma journée pour observer les vervets… et les photographier. Ils sont vraiment cutes. Quasiment plus que mes perches.

"Bouge pas, t'as une bébitte dans le toupet. M'a te l'enlever."

« Bouge pas, t’as une bébitte dans le toupet. M’a te l’enlever. »

 

Un portrait de famille flou mais attendrissant

Un portrait de famille flou mais attendrissant

Masaka

Depuis un peu plus d’une semaine, on n’est que deux ici. Hilary et moi avons intelligemment épuisé la nourriture disponible, en cuisinant en priorité avec les légumes qui devenaient un peu trop mous, et en étant créatives dans nos recettes (j’aimerais être aussi efficace à gérer mon frigo à Montréal). Mais il a fallu se rendre à l’évidence : on ne pouvait plus repousser notre visite en ville pour faire les courses. Ce qu’on a fait vendredi.

On peut acheter quelques trucs dans les magasins du village, mais pour trouver tout ce dont on a besoin, il faut aller à Masaka, une ville à environ 30 minutes d’ici en voiture. Dennis, qui gère la station de recherche, dit toujours que tous les criminels d’Ouganda viennent de Masaka. Mais c’est pas pour ça qu’on repoussait le moment d’y aller. C’est que c’est un peu d’organisation. Premièrement, il faut engager un chauffeur pour s’y rendre en voiture. Ce serait beaucoup moins cher d’y aller en boda-boda, mais puisqu’on a beaucoup de choses à acheter, on a besoin d’espace pour ramener nos courses. Deuxièmement, il faut trouver le bon moment pour y aller. Puisque je n’ai qu’un été pour collecter toutes mes données, je n’ai pas beaucoup de temps libre, même chose pour Hilary. Et finalement, puisqu’on attend toujours au dernier moment pour aller faire les courses, on a beaucoup d’endroits à visiter, donc c’est un peu long. Mais quand même, ça fait du bien d’aller en ville parfois pour se sentir un peu plus dépaysé qu’à la station de recherche.

On engage soit Abdou, soit Patrick pour nous conduire à Masaka. Cette fois-ci, c’était Patrick. Ce qui est le fun avec lui, c’est qu’il anticipe les coins les plus poussiéreux et gère en conséquence l’ouverture et la fermeture de toutes les fenêtres, tout en conduisant relativement prudemment sur la route raboteuse et sinueuse, entre boda-bodas, vélos et voitures. En plus, il fait jouer de la vieille musique pop un peu quétaine. Michael Jackson, Phil Collins, Rihanna et Enrique Iglesias ont bercé nos oreilles pendant qu’on regardait les chèvres et les vaches brouter sur le bord de la route. En passant, je ne sais pas ce qui se passe avec la toune « Hero » de Enrique Iglesias, mais en plus de l’avoir entendue dans l’auto vendredi, elle a joué aussi samedi soir à un party juste à côté d’ici. Je l’ai dans la tête constamment depuis…

On a réussi à être pas mal efficaces à faire nos courses. On est allées à la banque, à la pharmacie, au supermarché, à un magasin de cellulaire pour s’acheter du temps d’antenne prépayé, à la boulangerie et au marché frais. On a aussi fait un peu de lèche vitrine dans des boutiques d’artisanat. Et on a acheté de l’essence pour la génératrice.

 

30 000 shillings (12$) pour tout ça!

30 000 shillings (12$) pour tout ça!

Tout ce qui est frais coute vraiment pas cher… regardez tout ce qu’on a acheté pour 12$! La boulangerie non plus, mais les items de supermarchés sont parfois à des prix comparables à Montréal, comme le papier de toilette, le beurre d’arachides ou le café. Ce qui me surprend le plus, c’est le prix de l’essence : environ 1,50$/litre. C’est pas donné!

Après avoir terminé les courses, on a attendu Patrick à la boulangerie en mangeant des samosas. Moi j’ai bu un Krest bitter lemon (à mon avis la meilleure boisson gazeuse qui soit), et Hilary a bu un Stoney (un genre de coke au gingembre). Puis on est rentrées chez nous, en écoutant encore même CD de tounes quétaines. Et on espère ne pas avoir à retourner en ville pour un bon 10 jours.

La routine, c’est bien quand c’est pas toujours la routine

Depuis quelques temps, les journées se ressemblent. Je commence par faire le tour des aquariums pour vérifier l’état de mes poissons, je mesure la température, la saturation en oxygène, je fais un changement d’eau, je fais mes expérimentations toute la journée, puis je nourris les poissons le soir. Et un jour sur deux, je vais capturer des perches autour de 6h le matin avec les assistants de terrain. Et à part le travail, je cuisine, je mange, je me lave, je fais un peu de ménage, parfois je vais courir, et je lis avant de dormir. La routine est bien installée. Et c’est correct, mon projet avance bien, et j’aime mon petit train de vie tranquille. Mais durant la dernière semaine, la routine a un peu pris le bord. Premièrement, mes deux colocs de cabine sont parties jeudi, donc on a fait une fête avec les assistants de terrain mercredi soir, et vendredi, j’ai visité des villages de pêcheurs près du lac Victoria avec Beth (une amie et collègue de labo). Ça me donne un peu de jus pour écrire!

Cinthia et Kathleen ont passé deux mois et demie en Ouganda. Elles sont arrivées à Nabugabo 2 semaines avant moi et avant, elles avaient passé quelques temps à Kibale (plus à l’ouest). Durant leur séjour ici, elles ont observé le comportement d’un groupe de singes de la région. On s’est dit qu’avant leur départ, ce serait bien de faire une fête avec tous les assistants de terrain, pour laquelle on cuisinerait des perches, du tilapia et des patates douces sur un feu. C’était le plan initial. Beth est arrivée la veille de la fête et nous dit qu’une famille du village lui a offert un canard. C’est la deuxième fois que ça lui arrive. Lorsqu’elle les visite, elle prend des photos de la famille et lorsqu’elle revient, elle leur donne les photos imprimées. La famille lui donne donc un canard. Tout simplement. Alors on a ajouté le canard au festin! Kiberu, un assistant de terrain travaillant avec moi, était en charge de la cuisson des viandes. Les rôles ont été inversés : on était ses assistants-cuisiniers. On a mariné les poissons avec une tonne de citrons, de l’oignon, du cari, du sel, puis il les a fait cuire très lentement sur une grille au-dessus du feu. Les patates, elles, étaient la charge des assistants de terrain travaillant sur les singes. Ils les ont cuit comme des patates au four, mais façon traditionnelle. Les patates ont été lavées, brossées, rincées, puis enfouies dans la cendre du feu pour cuire. Pour les manger ensuite, on enlevait le plus gros de la cendre et on pelait la pelure. Et avec tout ça, on a bu du vin d’ananas et des bières locales. C’était vraiment, vraiment délicieux. Ça change du riz, des lentilles et des haricots mettons…

Vendredi, Beth et moi sommes parties avec Kiberu et Mutebe en boda-boda (scooter) vers le lac Victoria pour visiter des villages de pêcheurs. On avait tout un look! Pas vraiment le choix de porter des vêtements longs sur la route à cause de la poussière et du vent… Les gars portaient tous les deux leurs manteaux et pantalons de pluie MEC, leurs lunettes de soleil (que Mutebe appelle ses « eye protectors ») et leur casquette rouge McGill. Beth et moi portions pantalons et chandail long, bien sûr, et des grosses lunettes de soleil et un foulard enroulé autour de la tête pour se protéger du vent, de la poussière et du soleil. J’appelais ça notre look Thelma et Louise.

Beth et moi à Lumbu, prêtes à reprendre la route!

Beth et moi à Lumbu, prêtes à reprendre la route!

En boda-boda avec Mutebe

En boda-boda avec Mutebe

Donc on a pris la route avec pas de casque vers Bukakata, puis vers Lumbu. À Bukakata, on a marché dans un petit village de pêcheurs sur le bord du lac Victoria. C’est minuscule, mais tellement dense! Plusieurs bateaux étaient à sec, certains étaient ancrés pas très loin, et les filets séchaient sur la berge. Il était environ midi, donc un peu tard pour voir les prises du matin. La plupart des pêcheurs là-bas pêchent le mukene la nuit (c’est un petit méné présent dans le lac Victoria, et aussi à Nabugabo où je suis). Les maisons sont en tôle, minuscules et collées les unes sur les autres. Dans les rues étroites, il y a aussi quelques commerces, tout aussi minuscules. Il n’y a à peu près pas de végétation. C’est tellement différent du village près du lac Nabugabo! À Bukakata, les gens vivent de la pêche uniquement. À Nabugabo, les pêcheurs cultivent aussi leurs légumes, fruits, parfois certaines céréales, et plusieurs élèvent aussi quelques poules et cochons. Les maisons ici sont pour la plupart en brique, très espacées les unes des autres, et il y a beaucoup de forêt. C’est complètement différent.

Après notre petite marche dans le village, on a repris la route pour aller à Lumbu. En s’y rendant, Mutebe m’a expliqué que jusqu’aux années 60, le lac Victoria s’étendait jusque sur la route sur laquelle on était en train de rouler. Et on a croisé un petit pâté de maisons qui n’était pas là il y a 5 ans! La région est encore assez humide, et durant la saison des pluies plusieurs parties sont inondées, mais les gens peuvent y vivre maintenant, puisque le lac a reculé un peu. Lumbu est un peu plus développé. Plus de rues, plus de maisons, plus de commerces, et aussi un lieu de collecte/vente de poissons pour l’expédition. Pendant qu’on faisait le tour du village, les gens nous saluaient. Ils sont très accueillants avec les étrangers : « Hey muzungu! How are you? » Et des enfants ont commencé à nous suivre. Ils étaient quelques uns au début, puis une dizaine autour de nous, et un petit garçon m’a tenu la main un moment. Certains nous ont suivi jusqu’à ce qu’on s’assoit pour manger, et ils sont restés un moment sur le porche à nous regarder. C’est si bizarre d’être le centre de l’attention. En même temps, je pense que je trouverai déstabilisant de me fondre dans la foule à mon retour à Montréal.

C’était une très belle journée. Et après ces quelques jours de divertissement, me voilà de retour au travail. Au doux son de la génératrice en plus.

Quand on se compare…

Comme je l’ai déjà dit, l’accès Internet ici est de piètre qualité. Et intermittent. Pour utiliser Internet, j’ai une clé USB qui contient une carte SIM. Je dois mettre cette carte dans mon téléphone pour acheter un forfait via ma compagnie cellulaire. C’est pas trop cher, mais ça vaut pas trop cher. Et selon la région où on se trouve, certaines compagnies sont meilleures que d’autres. J’ai la chance de profiter de l’expérience des gens qui étaient ici avant moi, donc je fais affaire avec la meilleure compagnie pour Nabugabo. Je peux avoir un accès potable à plusieurs endroits sur la station, incluant ma cabine, même si c’est super lent. Je m’en sors pas trop mal.

 

Pour Cinthia et Kathleen, c’est une autre histoire…

Cinthia et Kathleen ont trouvé un "hot spot" pour Internet. Ça a marché 5 minutes!

Cinthia et Kathleen ont trouvé un « hot spot » pour Internet. Ça a marché 5 minutes!